Misery is a butterfly

Réveillée ric rac. Pas dans le tempo d’entrée de jeu. A pas vouloir sortir de la couette. Comme quoi il fait froid dehors et qu’y’a rien qui urge. Tu te saques pourtant avec des questions en bordel. Ta grande thèse du moment sur le périssable et le culte. Des relents d’hypothèses, une vieille conversation avec chouchoune. Te demandes bien ce qu’il restera dans vingt berges de ces années bordel. Si nostalgie aura une gueule d’énergie gavée au botox et tout le toutim. Sans intérêt quand on y pense. N’empêche que ça te travaille pas mal. Mental masturbation.
Faut dire que t’as pas grand-chose d’autre à penser. Des journées qui défilent comme un space mountain de proximité. Dégueuler ton ennui et attendre la fin de la mascarade. Ranger tes clics et tes clacs. Fermer les écoutilles et pas écouter les perles qui fusent à longueur de temps. Les réflexions pseudos philosophiques. Genre on est des grands on va t’apprendre à vivre. On est calé mais toi t’es qu’une petite conne. Une gamine qui sait rien sur rien. N’empêche que la gamine vous tient la dragée haute et que ça la fait marrer. Parce qu’il faut bien se distraire quand même et que le mépris à la longue ça use. Alors tu ris.
Tu causes de musique d’avant avec un mec qui pourrait être ton daron. Contente de trouver de l’humain à qui causer. Les autres ont capté que goutte. Syd Barrett ça a sacrément tendance à pas leur parler. Du coup t’as fait ta maligne. A parader comme une vieille bourlingueuse always on the road. Ca fait stylé j’me la pête et j’t’emmerde. L’air de rien. Toujours avoir l’air de rien pour faire passer la pilule. Jupe à fleurs et doc martens. Se faire toiser par des gamines de 12 ans qu’ont l’air d’être tes grandes sœurs. Limite ça te colle en rogne. Envie de leur coller deux claques pour leur apprendre le respect et le bon goût. Juste que t’as pas trop le droit. Juste que ça te démange quand même.
Les mots coulent sur des airs d’hier et il te manque. Parce que oui maintenant y’a quelqu’un pour te manquer. De la nouveauté loin de la gutter press. Et ça fait du bien. Au-delà des mots et plus que tout. Vaguement niaiseuse et puis tant pis. Des soirées à rien foutre que d’être ensemble. De la glandouille aquatique, de la minute littéraire et des heures sans voir le jour. Nutella et tarte au citron. Faut croire que depuis le temps que t’en causais t’as fini par être heureuse. Sur les notes de Blonde Redhead t’as le palpitant qui débloque et tu souris au mur comme une collégienne à la manque. C’est des mois qu’il t’a fallu pour l’écrire. Et même maintenant tu te sens comme une stupid girl. De pas trouver mieux à dire. De pas savoir inventer les mots parfaits. Parce que le parfait n’existe pas mais que tu t’en fous. Que des instantanés. Polaroids du temps qui passe gentiment. Joliment. Inattendument. Et que non ça n’existe pas. Mais tu t’en fous. T’aimes bien. Beaucoup. T’aimes. Bêtement.
B.O. : Martha Wainwright - So Many Friends